Personnages incontournable des Gilmore Girls, Lorelai est interprétée avec beaucoup de brio par Lauren Graham. Après six années passées sur sa série fétiche, elle nous offre aujourd’hui l’occasion de faire le point – sans aucune langue de bois – sur les récents bouleversements qu’a subi son show. Série Trilogie : Vous incarnez depuis six saisons déjà Lorelai Gilmore. Qu’est ce qui, en elle, fait partie de votre personnalité ?
Lauren Graham : Dans un première temps, je rappellerais que ce personnage ressemble trait pou trait à Amy Sherman-Palladino, la créatrice de la série. De mon côté, je m’imprègne de cette nature pour la filtrer à travers mon propre sens de l’humeur. Et je crois que cette combinaison fonctionne plutôt bien. Les scénaristes, quand ils écrivent, essaient d’imaginer comment vont résonner leurs mots dans ma bouches, mais moi, je connais désormais leurs attentes quand ils rédigent, un script. C’est quelques chose de bien spécifique à
Gilmore girls. J’ai eu d’autres rôles pour lesquels ça ne ce passait pas comme ça.
Lorelai vous a t-elle jamais frustré ?
Pas vraiment. Il m’est arrivé d’interroger les scénaristes sur leurs réelles intentions parce qu’elles pouvaient parfois ne pas me paraître claires. Souvent, j’ai du mal à trouver ma voie dans un épisode, parce que ce n’est pas une série écrite dans un axe bien précis. Il ne s’y passe pas grand-chose, et ce sont la plupart du temps les sentiments développés par notre personnage qui, à un instant bien précis, nous guident. Le plus important, je crois, c’est de pouvoir rester cohérent. Le truc quand vous tournez un show télé, c’est qu’on vous donne sans cesse de nouvelles informations, quand bien même elles sont minimes. Vous vous devez alors d’aller de l’avant avec ça, mais il m’est parfois difficiles de déceler les différences entre un épisode et celui qui l’a précédé. En gros, ce sont les questions que je peux me poser.
Vous maîtrisez plutôt bien votre personnage…
Je l’aime vraiment beaucoup, et j’apprécie tout autant cette série. Il est très important que je puisse me dire que c’est ce qu’il y a de mieux pour moi. Mais c’est un sentiment que je connais depuis le début. Je suis également très contente que nous puissions travailler avec un nouveau showrunner, David Rosenthal. C’était super que d’avoir pu partager autant de bons moments avec Amy et Daniel Palladino pendant toutes ses années, mais je crois qu’il est toujours bon d’amener des nouveautés. C’est rafraîchissant. Je me sens très investie.
Justement, voudriez-vous apporter un peu plus de contribution à l’écriture de votre personnage ?
Je ne sais pas trop. Je crois que les auteurs ont vraiment bien compris qui elle était, et leur enthousiasme est très réjouissant. Ca nous aide, et sans ça, je crois que je ne pourrais pas porter Lorelai comme je le fais. Si l’arrivée de notre nouveau showrunner pouvait créer quelques incompréhensions, il y aurait certes un peu de flottement, et nous en parlerions sans doute. Mais les scénaristes semblent tout de même prendre en compte mes opinions.
Comment se passe le travail avec David Rosenthal ?
Tout ça est encore très récent. Et tout le monde l’attend au tournant pour le comparer inéluctablement aux anciens producteurs. C’est assez difficile pour moi, parce que je suis une grande fan de tout le travail qu’ils ont accompli dans le passé. J’adore leur écriture, et c’est eux qui m’ont donné les meilleures scènes de ma carrières. Mais en même temps, je pense qu’il est temps que le show grandisse. Et cette nouvelle équipe est très enthousiaste. Tous sont arrivés sur le show alors qu’ils étaient déjà des grands fans de
Gilmore girls. Ils apportent avec eux du sang neuf, et ça c’est plutôt bien. Il est évident de s’apercevoir qu’ils ne sont pas prêt de dénaturé l’esprit de la série. Et puis, ce qui nous arrive n’est pas une situation exceptionnelle : c’est déjà arrivé dans d’autre productions avant nous, et ils s’en sortent pas plu mal ! L’une des différences avec eux, c’est que nous auront les scripts un peu plus tôt que nous n’avions l’habitude de les recevoir avec les Palladino. Au final, nous ne prenons pas trop de risques, parce que s’ils proposent quelques chose qui ne serait pas en harmonie et en cohérence avec tout le travail que nous avons réalisé jusqu'à présent, on s’en apercevra forcément. De toute façon, rien n’est jamais parfait, et il m’est arrivé d’être en désaccord sur certains points avec les Palldino. Il est important que nous puissions collaborer de façon intelligente.
Vous en parlez comme si vous alliez être dans une coopération bien plus étroite que par le passé…
Loin de moi l’idée un seul instant d’être négative sur mes relations avec les Palladino. Je veux être claire : ce sont eux qui m’ont donné le meilleur job de toute ma carrière ! Ca ne m’empêche pas de constater qu’il aimaient avoir toutes les cartes en main. Aujourd’hui, certes, les choses sont différentes, et je sens l’équipe de scénariste un peu plus ouverte. Mais chaque showrunner a sa propre façon de faire, et certains ne veulent tout simplement pas d’opinions externes.
A propos de Lorelai, vous n’en avez pas assez qu’elle soit aussi frileuse sur le fait de s’engager avec un homme ?
Je crois que si les directions de sa vie sentimentale allaient toujours dans le sens des attentes des téléspectateurs, il n’y aurait plus de
Gilmore Girls depuis longtemps !
Comment voudriez-vous voir s’achever cette belle histoire ?
Je n’y ai pas encore vraiment pensé. Par contre, je pourrais vous dire comment je ne voudrais pas qu’elle se termine ! Je verrais très mal, par exemple, un double mariage pour Rory et Lorelai. Ca tomberais dans le sirupeux. Je ne voudrais pas de quelques chose qui me semblerait contraire à l’éthique de Gilmore Girls, qui est surtout une série centré sue la bonne entente entre une mère et son enfant. J’inclurais également le personnages d’Emily Gilmore interprété par Kelly Bishop. Ce sont des femmes très fortes qui, contre vents et marées, parviennent à garder le cap. Ce n’est pas un show dépendant des hommes. Je trouve souvent que les séries ne se concluent pas de façon logique. Mais en même temps, il faut offrir à certains spectateurs un sentiment de complétude. Au final : tout, sauf un double mariage !
Source: Magazine Série Trilogie N°4